L’histoire de l’Iran, intimement liée aux Occidentaux

La civilisation iranienne est l’une des plus anciennes au monde. La riche histoire de cet Empire Perse, dominée par les grandes civilisations, débuta véritablement au VIe siècle avant Jésus-Christ. Quelques années plus tard, de nombreux Shahs se sont succédés à sa tête dont certains ont subsisté avec les Russes et les Britanniques. Destinés à affranchir le pays de la mainmise étrangère, des mouvements révolutionnaires menés par Reza Shah transforment la Perse en Iran. Une autre révolution populaire arrive également en réclamation de la république. D’où la mise en place de la république islamique contrôlée par des ayatollahs, guide suprême de la révolution, dont le plus réputé est Khomeiny.

Président de l’Iran Ahmadinejad

Dominé par le clergé très conservateur, le pouvoir passait entre les différents courants révolutionnaires avant de lui revenir en 2005. A l’heure actuelle, il mène une politique nationaliste très dure avec le président Ahmadinejad, un farouche opposant à la politique étrangère des Occidentaux.

L’Iran est un pays qui entend affirmer son autorité sur l’échiquier politique mondial. Depuis la fin de la dynastie Safavides, cette ancienne Perse a toujours été visible sur la scène politique mondiale. Elle a attiré les grandes puissances en raison de sa position stratégique et de ses ressources pétrolières. La position qu’il tient actuellement dans le monde est loin d’être le fruit du hasard.

La fin de la dynastie Safavides

Dynasties marquantes de l’histoire de l’Iran, les Safavides ont atteint leur apogée sous le règne du Shah Abbas. Avec le calme et la paix, le commerce étranger et l’art ont beaucoup prospéré. Quelques années plus tard, cet âge d’or a laissé place à une situation chaotique due à l’effondrement des Safavides. Le pays était donc en proie à une lutte pour le pouvoir. Nadir Shah de la tribu Afshar a repris le pouvoir de la main des Afghans et a réaffirmé l’autorité iranienne, mais il a été tué en 1747 par d’autres membres de sa tribu. Sa mort recrée encore le chaos entre les Afshar, Afghans, Qajars et Zands jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Agha Mohammad Shah Qajar. En réussissant à rétablir l’ordre, la paix et le commerce, ce dernier a établi une dynastie durable. Toutefois, cette dynastie n’était pas assez forte pour résister aux pressions des puissances coloniales. L’Iran commençait alors à perdre petit à petit ses provinces en faveur de la Russie et de la Grande-Bretagne. Cette dernière a dominé le commerce et les finances avant de contrôler la quasi-totalité du Golfe Persique. Au début du XXe siècle, les Russes ont pris le contrôle des douanes iraniennes. De leur côté, les Britanniques ont réussi à avoir une concession d’exploitation pétrolière s’étendant sur soixante ans. Malgré la révolution et les tentatives de reforme, l’influence britannique n’a cessé de s’agrandir pendant et après la première guerre mondiale.

L’ère Reza Shah Pahlavi

Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat, Reza Khan, devenu Reza Shah Pahlavi, a modernisé l’Iran. Son arrivée au pouvoir est marquée par l’industrialisation, les réformes et la mise en place des infrastructures socio-économiques. Il s’est fait remarquer par l’adoption de l’appellation Iran, pays des Aryens, aux dépens de la Perse en 1935. Pourtant, il a commis une erreur fatale en se rapprochant de l’Allemagne nazie. En effet, les Britanniques l’ont contraint d’abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi. Contrairement à son père, ce dernier se rapprocha des Occidentaux. En conformité avec l’accord signé à la suite d’une longue négociation, les Occidentaux ont retiré leur troupe d’Iran en 1946.

En 1951, l’histoire de l’Iran note un grand tournant avec la prise de contrôle des ressources pétrolières au grand dam des Britanniques. Orchestrée par le premier ministre Mohammad Mossadegh, la nationalisation était effective en 1953. Après un complot qui a écarté ce premier ministre, l’Iran de Mohammad Reza Shah Pahlavi se rapproche des Américains tout en menant une politique autocratique et dictatoriale. Par ailleurs, ce dernier Shah de l’histoire a pu apporter une Révolution qualifiée de « Blanche ». Grâce aux revenus du pétrole nationalisé, il a fait entrer l’Iran dans une nouvelle ère avec la modernisation de la société et la réforme des systèmes.

La fin de la monarchie et le début de la république

En dépit de la situation de prospérité qu’il a créée, le régime dictatorial de Mohammad Reza Shah a fait face à des soulèvements populaires. Ceux-ci l’ont poussé à quitter le pouvoir et l’Iran en 1979. Cette abdication marque la fin de la monarchie qui est par la suite déclarée par Khomeiny. Revenu d’exil, cette figure politique très populaire de l’époque a mis en place un gouvernement provisoire. Celui-ci a dirigé le pays en attendant une structure définitive qui tardait à se dessiner en raison de la différence de point de vue. Parmi les douze groupes révolutionnaires, les Gardiens de la Révolution ont trouvé la solution pour rétablir l’ordre dans la société en se servant des comités locaux. Petit à petit, ces théologiens ont pu s’emparer de la plupart des pouvoirs locaux tout en éliminant leur adversaire. Pourtant, le peuple iranien a pris la décision d’établir une république islamique à la suite du référendum d’avril 1979.

Le début de l’hostilité avec les Etats-Unis

Avec la crise des otages américains en 1979 et 1980, les Etats-Unis, dirigés par Carter, rompent leur relation avec l’Iran et imposent des sanctions économiques à l’égard du pays. L’Irak rompt aussi sa relation avec l’Iran et va même jusqu’à l’envahir en septembre 1980. Attirés par les champs de pétrole du Khuzestan, les Etats-Unis ont activement soutenu et aidé Saddam Hussein. Cette guerre a pris fin avec la décision de l’Iran de respecter le cessez-le-feu décrété par le conseil de l’ONU en 1987.

Juste après cette guerre destructrice, on note l’arrivée au pouvoir du pragmatique Hachemi Rafsandjani, un fidèle de l’ayatollah Khomeiny. Après deux mandats sans réussite, en 1989 et 1993, il a été battu à l’élection par le modéré Mohammad Khatami. Elu en 1997, ce religieux avait présidé le pays dans un contexte politico-social très exigeant. Autrement dit, il doit satisfaire une société assoiffée de reforme et un clergé qui souhaite absolument avoir la mainmise sur le pouvoir. Malgré sa réélection en 2001, Mohammad Khatami ne bénéficie plus du soutient des conservateurs qui le disqualifient par la suite. Ces mêmes conservateurs s’emparent ensuite du pouvoir avec l’accession de l’ancien maire de Téhéran à la tête du pays. Elu en 2005, Mahmoud Ahmadinejad est connu pour son hostilité à l’égard des Américains et de leur politique. Le durcissement de son discours est visible surtout à travers le programme nucléaire du pays.

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