L’affaire se déroule sur un double fond de rivalité : entre industries concurrentes d’une part, notamment l’industrie française de l’armement et le géant de l’électronique militaire Thales, tous deux membres du groupe EADS, et d’autre part les politiciens avec le conflit entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, qui a duré quelques temps déjà. L’affaire Clearstream montre comment un petit groupe d’hommes, possédant le pouvoir, manipule la justice et arrange la vérité pour arriver à des fins malhonnêtes, rien que pour gagner les élections. Le scandale débute en 2001 sous les révélations d’un journaliste indépendant, et depuis l’affaire aura retenu l’attention de beaucoup de gens. Les tournures que prend l’affaire Clearstream sont compliquées et tout à fait à la hauteur du pouvoir des manipulateurs. Difficile à suivre par son fond politique, il faut reprendre cette affaire dans son contexte originel pour bien la comprendre.
Le déroulement de l’affaire Clearstream
Voici un véritable scandale financier qui s’est opéré dans l’une des sociétés fleuron de la technologie militaire de France. En février 2001, le journaliste Denis Robert et Ernest Backes, un cadre dirigeant de Cedel (Clearstream), publient le livre Révélations qui dévoile au grand public les malversations financières et blanchiments d’argent qui s’opèrent au sein de la chambre de compensation à travers un système de comptes secrets. Le livre montre le fonctionnement des « chambres de compensation » qui font des transferts d’argent sans se soucier de la « propreté » des fonds qu’elles traitent. Une liste de ces comptes circule en 2003 et le nom de grands industriels et hommes politiques y figure. Après avoir mené plusieurs enquêtes successives, le général Philippe Rondot tire la conclusion que cette liste a été falsifiée.
L’affaire Clearstream est alors mise dans les oubliettes. Mais pas pour longtemps. Elle refait surface en juin 2004 quand le juge financier Renaud Van Ruymbeke, enquêtant sur l’affaire des frégates Taïwanais, reçoit des lettres anonymes et des supports informatiques contenant des listes de comptes bancaires soi disant ouverts chez Clearstream par des hautes personnalités du monde des affaires et de la politique, dont Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius, Dominique Strauss Khan, Alain Gomez, Pierre Martinez, Philippe Delmas. Ces comptes seraient utilisés par ces personnalités pour faire transiter les sommes détournées dans l’affaire des frégates. Après de nouvelles enquêtes, il apparaît que le juge Van Ruymbeke a été lui aussi manipulé : ces noms ont été intentionnellement ajoutés à la liste pour dénigrer ces personnalités.
L’Affaire Clearstream : grande manipulation politique.
En 2006, Nicolas Sarkozy apporte une tournure politique à cette affaire en portant plainte contre X et en dénonçant une calomnie. Mais c’est là que les révélations tombent de plus belle : le général Rondot déclare que ses rapports d’enquête sont restés confidentielles à la demande de Dominique de Villepin et que des comptes rendus ont été faits à ce dernier ainsi qu’à Jean Louis Gergorin, ancien vice président d’EADS. Philippe Rondot admet également être l’auteur des lettres anonymes et des faux listings. Une expertise informatique de l’ordinateur du général Philippe Rondot en mars 2007 apporte un doute sur les agissements de Dominique de Villepin. La fameuse liste de Clearstream aurait été utilisée contre Nicolas Sarkozy pour le diffamer devant l’opinion publique et ainsi le déstabiliser lors de la course présidentielle, et le mettre hors course. L’affaire est à nouveau refermée par la justice en février 2008 et les manœuvres de discrimination sont mises à jour. A la fin de cette affaire, Dominique de Villepin et ses complices ont été mis en correctionnelle.
