Le Congo en guerre, des enjeux socio-politiques et économiques de taille

Portant les stigmates de la période coloniale et héritant d’un système de gouvernance dominé par la corruption, le Zaïre de Mobutu Sese Seko connaît une pauvreté accrue en l’absence quasi-totale d’infrastructures ainsi que des tensions politico-économiques aiguës en 1994. La diversité des cultures divise plutôt la population, au nombre de 60 millions, au lieu d’en faire une force sociologique par l’adoption des 250 langues et dialectes utilisés sur le territoire. En outre, étant le fer de lance américain durant la guerre froide, le Zaïre s’effondre aux lendemains de la résolution de ce conflit.

Drapeau de la République Démocratique du Congo

Ce contexte entraîne la nation congolaise dans une spirale de déclins politiques occasionnés par l’accession au pouvoir de Laurent Désiré Kabila par la force, grâce aux actions conjointes menées à travers l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) avec les dirigeants rwandais et ougandais. La raison communément admise se trouve dans la volonté de capturer les réfugiés hutus responsables du génocide rwandais de 1994, lesquels continuent encore leurs exactions à partir du Zaïre et sont protégés par le Président Mobutu. Ce dernier se voit alors délogé de son poste en 1997 après la première guerre qui a débuté fin 1996.

Les guerres au Congo et leurs motifs

Le fond de la crise est principalement ethnique et favorise, une fois de plus, les belligérances interposées entre hutus et tutsis, dont la rivalité a toujours été malignement entretenue. En effet, les deux guerres se soldent par le massacre de civiles, la destruction de villages entiers et non par des affrontements directs fréquents. Les zones les plus touchées se regroupent à l’Est du RDC et dans les Grands Lacs.

La guerre du Rwanda de 1994 a fait plus de 800 000 morts et a provoqué la fuite d’autant d’âmes vers les pays voisins dont le RDC. Ce dernier constitue en outre un véritable foyer de ressources naturelles convoitées abruptement par la plupart des gouvernants africains en leur nom personnel. La fin de telles hostilités ne leur prédit donc pas un meilleur avenir.

De ce fait, l’incursion des armées de nombreuses nations telles que le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, rejoints plus tard par l’Angola, la Libye, le Zimbabwe, le Tchad, la Namibie et le Soudan n’est pas que de l’altruisme pur. Au contraire, leurs motivations résident souvent dans des accords commerciaux privilégiés sur l’exploitation de l’or, du diamant, du cobalt ou encore du coltan et des bois précieux.

Le Congo et les droits de l’homme

Face à cette quête continuelle du profit et du pouvoir, les gouvernants de ces pays semblent ignorer les malheurs de la population du Congo. En effet, bien des familles ont été complètement décimées à la suite des horreurs commises par les antagonistes. En tout, l’International Rescue Commitee estime le nombre de victimes entre 3,4 et 4,4 millions, sans pouvoir s’avancer avec précision à cause de nombreuses régions encore insécurisées. Cette évaluation ne tient encore compte ni des nouveaux déplacés ni des blessés, physiques et psychologiques.

En effet, les droits humains fondamentaux ont été bafoués tout le long des deux guerres, même pendant la période de transition de 2003 à 2006. Les femmes ont payé un lourd tribut à cause des violences sexuelles et des viols collectifs qu’elles ont subi, à la suite desquels elles sont reniées par leurs familles. L’ampleur du phénomène est telle que l’expression « épidémie de viols » se fait de plus en plus entendre. La seule année 2006 enregistre 27.000 abus sexuels dans le Sud Kivu, concernant autant les femmes, les hommes que les jeunes filles et garçons.

Par ailleurs, les enfants se battent sur les champs de bataille et se retrouvent bien souvent en première ligne pour servir de cibles privilégiées. Ils sont recrutés à leur insu ou se présentent à contrecœur afin de se réfugier dans un semblant de protection. Laissés aux bons vouloir des adultes, ils subissent les pires sévices sexuels s’ils ne meurent pas au combat après avoir survécu aux dures séances d’entraînement. Ceux qui en réchappent se voient exercés une pression inhumaine qui les oblige à piller, à violer et à tuer jusqu’aux membres de leur famille. Actuellement, ces faits subsistent malgré la forte présence de l’ONU sur place. Comme le pays a renoué avec le combat, les terreurs refont surface et les civiles se retrouvent une fois encore livrés à eux-mêmes.

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