Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la suite des progrès technologiques, notamment dans le domaine des fusées, héritages des avancées allemandes, l’espace semble être devenu le nouvel Eldorado, et les scientifiques les nouveaux conquistadors. On parlera alors de la « conquête spatiale » qui consiste en l’exploration physique de l’espace et des objets extérieurs à la Terre.
Les débuts
Dans ses débuts, la conquête de l’espace représentait principalement la lutte politique entre les Etats-Unis et l’URSS durant la guerre froide, faisant de l’espace le lieu privilégié pour l’affirmation de la suprématie de l’une ou l’autre de ces deux grandes nations. Ainsi, l’histoire de la conquête spatiale est-elle jalonnée de cette rivalité, de laquelle les Etats-Unis sortiront victorieux. Toutefois, l’URSS fut la première à franchir ce que John Fitzgerald Kennedy appelait « la nouvelle frontière », en réalisant le premier vol spatial de l’histoire le 4 octobre 1957, avec le lancement du satellite Spoutnik, ainsi que le premier vol habité par un humain le 12 avril 1961, faisant de Youri Gagarine, le premier voyageur de l’espace. Cependant, le 1er février 1958, les Etats-Unis lancent leur premier satellite : Explorer, avant de créer en 1958, la célèbre NASA et de lancer dans l’espace, quelques mois après Gagarine le premier américain pour un vol suborbital : Alan Shepard. Le 21 juillet 1969, la conquête de l’espace atteint son paroxysme, consacrant la suprématie des Etats-Unis, avec les premiers pas de l’Homme sur la Lune, grâce à la mission Apollo 11. Les noms de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin rejoignent désormais le panthéon des conquérants de l’espace. Mais la conquête de l’espace, semblable à l’espace lui-même, ne connaît pas de limite, comme en témoignent les multitudes de sondes et de satellites ainsi que de stations spatiales lancés par l’homme.On retiendra parmi eux la première station spatiale habitée, Saliout-1 de l’URSS, la mise en orbite de la station MIR ou de l’ISS, ou encore le lancement du télescope spatial Hubble le 25 avril 1990.
La conquête de l’espace de nos jours
En 1975, l’Europe lance son programme spatial avec la création de l’ESA, l’agence spatiale européenne, arrachant aux Etats-Unis et à l’URSS l’exclusivité de l’espace. En 1979, on assiste alors au lancement de la fusée Ariane et de la navette spatiale Columbia en 1981, avec à leur bord les premiers Européens. L’exploration des autres planètes du système solaire, tel Uranus ou Neptune, a également fait l’objet de plusieurs programmes spatiaux comme Voyager 1 et 2, mais c’est surtout la planète Mars, la plus proche de la Terre, qui a fait l’objet des programmes les plus audacieux et les plus aboutis, comme en témoigne l’atterrissage des sondes américaines Spirit et Oppotunity en 2003 et 2004, et plus récemment, le 25 mai 2008, la sonde Phoenix. Depuis 2003, la Chine s’est lancée dans la course spatiale, Yang Liwei devenant le premier chinois dans l’espace à bord de la capsule Shenzhou 5. Mais les noms des victimes viennent assombrir ce tableau glorieux, comme une longue liste des offrandes sacrifiées sur l’autel de la conquête spatiale, pour la plus grande gloire de la science. Jusqu’à aujourd’hui, aucune personne n’a encore trouvé la mort dans les étoiles, et les 23 morts officiels de la conquête de l’espace ont rencontré leur funeste destin soit au cours d’un entraînement au sol, soit durant le décollage ou encore la rentrée dans l’atmosphère, comme Columbia en 2003. Le 28 avril 2001, l’espace accueillait le premier touriste de l’espace en la personne de Dennis Tito, qui marque un tournant majeur dans la grande histoire de la conquête spatiale, rendant plus accessible le rêve de Constantin Tsiolkovski aux simples hommes. A quand les vacances sur Mars ?
