Idem, parler de cuvette serait délicat puisque cuvette et marmite ne désignent pas deux choses identiques. Les cuvettes, elles, sont larges et délimitées par des vallons à l’inverse des marmites qui sont beaucoup plus étroites et profondes, présentant des formes relativement cylindriques. Etant donné la multitude d’appellations, on identifiera ici marmite à cuvette et inversement. Comme toutes les transformations dues à l’érosion (principalement ici : l’érosion par le ruissellement des eaux), ces marmites présentent des formes spectaculaires et la vue aérienne procure une sorte de paysage lunaire au sol. La constitution de telles formes géologiques est bien entendu naturelle mais il y a souvent quelques indices qui peuvent laisser supposer, à tort d’ailleurs, qu’elles aient été faites par l’homme. Proposant des formes souvent très régulières, ces marmites sont considérées par certains comme le résultat d’une exploitation minière et donc, des vestiges d’une activité très intense. Elles sont en fait le fruit d’une érosion « naturelle » progressive qui n’a souvent pas de lien direct avec les activités de l’homme.
Si on considère parfois que l’érosion déplace la partie meuble d’un sol, c’est notamment surtout grâce à la dégradation de l’environnement par l’homme, comme l’exploitation excessive de la forêt. Toutefois, des érosions opèrent également sur des parties plus coriaces de la géographie en un laps de temps visible c’est-à-dire assez court. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les torrents emportent le dessus face aux roches, pourtant très dures, dans leurs combats. On retrouve dans la plupart des cas ces marmites en forme de trous près des rivières ou des ruisseaux. En effet, leur formation s’enclenche lors des crues de forts torrents se déplaçant dans des mouvements tourbillonnaires. Ce n’est pas tant l’eau elle-même qui ronge la roche mais plutôt les éléments qu’elle entraîne dans ses tourbillons. Telle une plateforme de forage, les « pierres » entraînées par le tourbillon creusent plus ou moins rapidement les parois du sol jusqu’à provoquer un trou géant en forme de cylindre. Ces pierres sont en fait en forme de galets c’est-à-dire des débris de la roche elle-même ; cette roche étant le plus souvent de type granitique ou basaltique. Les particules fines sont pilées par le mortier des particules plus grosses. Les sols composés richement calcaire sont toutefois aussi disposés à la formation de marmites puisqu’ils sont plus friables.
Mais, pour pouvoir obtenir une telle forme, le sol devrait présenter une forme plus ou moins creuse pouvant piéger la formation du tourbillon qui devrait être par ailleurs assez fort. Il faut remarquer que les tourbillons se forment par une dépression subite suscitée par les cavités du sol mais alimentée par la constance en débit de fluide. C’est la force de ce mouvement hélicoïdal qui fait office de foreur. Certains blocs de roche présentent des dissolutions chimiques provoquées par la pluie, formant de petites cuvettes que l’on appelle marmites. Les géologues estiment cependant que de tels trous se limitent à la simple dénomination de « marmites », tandis que les formations dues aux torrents des rivières sont celles véritables dites de géant. Dans les montagnes pourtant, la progression des marmites est plus rapide grâce notamment à la pente qui est plus forte. Le déversement du torrent s’en trouve alors plus accentué et le creusement érosif de la roche s’opère de façon progressive de sorte que sa formation peut s’opérer en quelques invasions torrentielles successives. Au fond de ces marmites, on peut apercevoir, lorsque l’eau s’est évaporée ou infiltrée dans les pores des roches, des végétations s’adaptant à l’environnement rocheux du sol.
Lorsque les marmites sont en abondance dans une région déterminée, les crues des rivières peuvent en être déviées et peuvent priver d’autres régions qui pourront avoir besoin d’une alimentation en eau, en vue d’une irrigation par exemple, puisqu’elles la retiennent dans leurs cavités.
