Depuis quelques années, le travail à domicile, appelé également télétravail, a le vent en poupe. Ce n’est pas que la population se sédentarise, c’est plutôt que la conjoncture économique est toujours plus difficile, et qu’il est de plus en plus ardu de trouver un emploi « normal ».
D’un autre côté, le développement massif des nouvelles technologies de la communication, allié à la généralisation de l’utilisation d’Internet, permet à diverses entreprises de délocaliser leurs activités et d’engager des travailleurs à domicile. La question est de savoir si c’est une option rentable et indiquée pour tout le monde, ou si c’est juste un système pour pouvoir récolter un revenu d’appoint. Il est également intéressant de se pencher sur les conditions sociales et légales qui entourent ce type de travail.
Le télétravail a longtemps été réservé aux jeunes diplômés qui, en attendant de trouver un emploi stable, démarrent leur carrière avec des travaux temporaires faits à domicile. Aujourd’hui, les catégories de personnes qui recourent au travail à domicile, ainsi que les raisons qui les motivent, se multiplient. Les mères de famille préfèrent, par exemple, rester chez elles pour surveiller leurs jeunes enfants, d’autres personnes dont le lieu de travail est trop éloigné du domicile veulent économiser sur les frais de transport, d’autres salariés veulent trouver un revenu d’appoint pour fuir les fins de mois difficiles, etc. En un mot, tous les motifs sont bons pour s’engager dans le travail à domicile, à condition de disposer des aptitudes requises, mais surtout d’un certain niveau d’autodiscipline. En effet, à la maison, il n’y a pas de surveillant ou de superviseur et les tentations sont nombreuses. Il est donc impératif de bien peser le pour et le contre avant de se lancer dans l’aventure.
Il existe de nombreux types de travail à domicile : rédaction ou correction de documents, tenue de livres comptables, artisanat et travaux manuels, travaux d’écriture, démarchage de clients et vente de produits à distance, etc. La liste est encore longue. Le seul fait qu’il faut garder à l’esprit est qu’une personne n’est considérée comme télétravailleuse – au regard de la loi – que si elle perçoit un salaire fixe et travaille dans les mêmes conditions que les employés de bureau conventionnel. Bien sûr, il est difficile de reproduire exactement les conditions de travail dans une entreprise à la maison, mais l’employeur a l’obligation de vérifier que son salarié bénéficie de tout le confort et de la sécurité auquel il a droit. Des inspecteurs du travail doivent contrôler si les installations du travailleur à domicile sont conformes à la norme – en matière d’aération, d’éclairage, de salubrité, etc. – et, en cas de non-conformité, l’employeur sera le seul inquiété. Il faut signaler que toute visite à domicile doit recevoir l’accord préalable du salarié, étant donné qu’il doit aussi veiller à protéger sa vie privée.
En général, le travailleur peut constituer sa propre entreprise pour être plus indépendant. Créer une entreprise individuelle, sans capital social et sans associé, est aujourd’hui très facile et la plupart des télétravailleurs recourent à cette solution. Certains transforment ensuite leur entreprise en SARL, selon l’évolution du marché et de leurs activités, qui est aujourd’hui accessible pour un euro symbolique. Le travailleur à domicile, s’il n’est pas sous CDI ou CDD de 18 mois minimum avec une société donnée, doit lui-même déclarer ses revenus et s’acquitter des impôts en vigueur. Il bénéficie de la protection de la Sécurité Sociale et, en fin de compte, rien ne le différencie d’un salarié ordinaire. Il faut juste respecter certaines règles : demander par écrit l’autorisation d’exercer chez soi à son propriétaire ou au syndic de l’immeuble, veiller à ne pas déranger le voisinage par ses activités, réclamer les indemnités qui sont dues par l’employeur et vérifier scrupuleusement l’opportunité du salaire proposé. Enfin, il faut savoir que, même si les horaires de travail sont plus souples, il peut prétendre à des heures supplémentaires selon une grille convenue avec l’employeur. Les autres droits : congé payé, congé maladie, etc., doivent évidemment être effectifs.
Travailler chez soi implique de se ménager un coin tranquille où on peut s’adonner tranquillement à son activité. L’idéal est d’avoir une pièce bien aérée et éclairée munie d’un bureau et de plusieurs meubles de rangement. Le travailleur doit y reproduire les conditions de travail en entreprise pour maintenir sa concentration et pour suivre un rythme de production normal. Selon les types de contrats et les activités, l’employeur peut être amené à financer tout le matériel et les travaux d’aménagement nécessaires au travail à domicile. Dans ce cas précis, il ne faut pas hésiter à exiger le maximum de confort et disposer le bureau de manière à ce qu’il soit isolé de l’espace familial. Un lieu de travail agréable et pratique est une condition primordiale pour la réussite du travail à domicile. Par conséquent, il ne faut surtout pas le négliger.