Voyage à Diégo-Suarez

Je me rappelle du premier voyage que j’ai fait à Madagascar. Je vous épargne bien entendu la fatigue consécutive aux heures de vol et au décalage horaire. Cette fatigue s’est évaporée comme par enchantement dès que j’ai posé les pieds à Diégo-Suarez, au paradis terrestre. Le climat chaud et humide de ce mois de novembre m’a mis du baume au cœur.

Une Femme de Diégo Suarez

Même si la ville mérite d’être nettoyée de fond en comble, elle a un charme indéniable, de son côté, la ville basse a gardé une touche coloniale au niveau de l’infrastructure, que ce soit par rapport aux maisons anciennes, malheureusement trop souvent laissées en ruine, ou au niveau de l’agencement des rues, ainsi que de leurs noms. Je viens donc de débarquer à Diégo-Suarez, moi le « vazaha-sac-à-dos », c’est ainsi que les autochtones surnomment les petits blancs aventureux qui débarquent et souvent ne possédant rien d’autres que leur sac à dos et leur petit appareil photo. On m’a indiqué, sur place, qu’il existe plusieurs hôtels abordables tels que le Belle vue rue François de Mahy, l’hôtel Diamant rue du Mozambique, hôtel Escale route d’Arrachart vers l’aéroport ou encore l’hôtel Fiantsilaka boulevard Etienne ; mais en fin de compte j’ai préféré l’hôtel-restaurant Valiha sur la rue Colbert, en raison de ses chambres rustiques et de son ambiance conviviale. La réceptionniste, fort jolie d’ailleurs, m’indique les lieux à visiter de la ville et de la région, ainsi que les activités intéressantes à pratiquer telles que la rando-aquatique dans la forêt humide où un réseau de cascade vous attend du côté de Joffre-Ville ; raid quads et motos pour les amoureux d’aventure, car c’est sûrement le moyen idéal de découverte pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus et des circuits traditionnels.

Elle a continué à m’aiguiller sur les activités aquatiques cette fois-ci, en vantant la plongée sous marine. Du Canal de Mozambique, en passant par la baie de Diégo-Suarez et jusque dans l’Océan Indien une multitude de sites présentent une faune et une flore riches en couleur. Accessibles aux débutants et aux confirmés, les plongées nous permettent de découvrir l’univers captivant et féerique des récifs coralliens du nord de l’île. Toutes ces descriptions, m’ont mis l’eau à la bouche, je me mets donc à la recherche d’un tour operator à la portée de ma bourse : Diégo Raid, trop cher ; Cap nord voyages : intéressant mais je préfère m’informer sur d’autres lieux. En fin de compte, un autre touriste m’indique qu’avec 25 euros, je peux m’allouer les services, auprès des bateliers de l’Anse de la Dordogne, d’un bateau qui pourra m’amener jusqu’à la baie d’Emeraude. J’en discute avec la réceptionniste qui me conseille de payer 50 euros pour avoir et à la fois un bateau et un 4x4 qui va me déposer du côté de Ramena où je pourrais m’embarquer pour la mer d’Emeraude. Cette idée m’enthousiasme !

Le lendemain, dès cinq heures du matin, un 4x4 nous attend, mon ami vazaha et moi, avec un chauffeur, le plein, du matériel pour le bivouac et la plongée : masques, tubas. Nous prenons donc la route, direction Ramena, qui se situe juste en face de Diégo-ville mais on doit contourner la baie de Diégo sur la terre ferme pour pouvoir y accéder. A quelques kilomètres avant d’arriver à Ramena, on aborde la montagne des français, joli site très prisé par les amateurs d’escalade ; et où les chrétiens de Diégo-Suarez vont en pèlerinage avant la Pâques.

Nous voici à Ramena, petite station balnéaire à l’échelon local, qui présente plusieurs kilomètres de sables fins d’une blancheur immaculée. On nous présente Florent notre skipper, c’est lui qui a la lourde charge de barrer notre bateau. C’est un petit bateau en bois à voile et à moteur. Il va falloir se dépêcher, d’après Florent, car la sortie de la passe en cette saison est dangereuse si on ne le fait pas de très bon matin avant que l’alizé ne se lève.

Florent manœuvre délicatement notre embarcation entre les eaux déjà tumultueuses de la passe, et réussit à nous frayer un chemin sans trop nous indisposer pour nous mener au large en plein Océan Indien, cap au nord-est vers les îles de Nosy Suarez, Nosy Diégo et Nosy Antaly Be qui baignent elles trois dans la mer d’émeraude. Après une heure de navigation, nous abordons les récifs de coraux de la mer d’émeraude. Quelle beauté ! Je ne regrette pas les remous et l’inconfort de l’embarcation, en prévision de la baignade et la pêche que je vais pouvoir m’offrir dans ce petit lagon vert vif.

Nous n’avons pas le temps pour nous extasier que nous voilà déjà en tenue de plongée ! On nous signale qu’on est en sécurité, le récif de corail empêche les poissons dangereux ( les requins ) de s’introduire dans le lagon. Après une partie de pêche, nos amis malgaches ont déjà monté le bivouac et on s’octroie une grillade-party.

Nous sommes rentrés le lendemain de très bon matin, la tête pleine de souvenir merveilleux. Quand on m’évoque Diégo-Suarez, je pense à ses côtes multiples et variées, à cette rencontre entre deux mers, l’Océan Indien et le Canal de Mozambique, à sa rade, l’une des plus belles au monde, à ce « dialogue immense entre terre et mers », « aux côtes vierges de ses îles » et je me sens revivre.

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