La peau est un organe exposé aux lésions et aux atteintes. La destruction cutanée peut avoir diverses origines : traumatique provoqué par un agent extérieur, infectieuse, tumorale ou vasculaire. La lésion amène une perte de substance, plus ou moins importante selon le cas.
La cicatrisation est un phénomène naturel et les tissus humains sont capables spontanément de réparer des lésions localisées. La lésion provoque dans l’organisme des phénomènes biologiques qui ont pour but de remédier aux dégâts le plus rapidement possible. Ce qui va entrainer une activation du système vasculaire et du tissu conjonctif causant une réaction de défense de l’ organisme, qui aboutira à une cicatrisation avec reconstitution de tissu de remplacement. On distingue la cicatrisation de première intention de la cicatrisation de deuxième intention.
La cicatrisation primaire ou de première intention correspond à la cicatrisation normale, spontanée d’ une lésion bénigne ( cas d’ une brulure du 1er degré) ou d’une incision chirurgicale, où la perte de tissu est peu importante, où les bords de la lésion sont bien appliqué, il n’y a pas de corps étrangers, située dans une zone bien vascularisée ( cas de la suture chirurgicale dans ce dernier cas.
Ce qui suppose que celle-ci est faite correctement et dans des conditions d’ hygiène strictes. Le délai de cicatrisation est variable selon le siège de la lésion ou de l’intervention, de trois jours au niveau des paupières jusqu’à trois mois au niveau du dos. La cicatrice suit une évolution que l’ on peut qualifier d’ automatique durant plusieurs mois .Bien faite après l’intervention, elle passe par une phase d’hypertrophie, de développement notable, qui est atteint son maximum après deux ou trois mois. Progressivement, la cicatrice s’assouplit, blanchit et ne change pratiquement plus après un à deux ans.
La cicatrisation sera secondaire ou de deuxième intention ou encore pathologique en présence de pertes de substances importantes ou d’ une infection avec formation de pus , empechant l’ apposition des bord de la lésion . Dans ces conditions, les bords ne se touchent plus et baillent plus ou moins. Pour obtenir la fermeture de la lésion, l’organisme devra faire appel à de nouveaux tissus appelés tissus de granulation .L’effort qu’il devra fournir sera beaucoup plus important que dans le cas d’une cicatrisation normale.
La cicatrisation normale se déroule en trois phases : une phase initiale d’ exsudation, de suintement pathologique pour le nettoyage de la lésion, avec des phénomènes inflammatoire et vasculaire, une phase de prolifération avec développement du tissu de granulation et une autre phase de différenciation, avec maturation cellulaire, développement de la cicatrice et épithélialisation.
La première phase : Elle débute avec l’apparition de phénomènes inflammatoires et des sécrétions se produisent à partir des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques. La coagulation est initiée par la thrombokinase, enzyme provenant des plaquettes du sang, qui transforme la prothrombine, substance sanguine participant aussi à la coagulation en thrombine. Finalement, cette dernière enzyme va provoquer la coagulation en transformant la fibrinogène, protéine de plasma sanguin en fibrine. Cette dernière va amener la formation d’un caillot .Puis commence l’exsudation qui va assurer la défense contre l’infection et le nettoyage de la lésion. Les anticorps, leucocytes et autres macrophages se déplacent dans la zone concernée pour la débarrasser des tissus nécrosés, corps étrangers et microbes. Il y a un gros travail de reconstruction cellulaire par les fibroblastes qui se sont multipliées sous l’impulsion des macrophages vaselinés inflammatoires.
Au cours de la deuxième phase, se développe le tissu de granulation. L’organisme commence à combler la perte de substance par un nouveau tissu. La synthèse des fibres collagènes du tissu conjonctif se fait dans les fibroblastes dont le nombre a augmenté fortement. Sous l’influence de certaines substances comme la vitamine C, l’oxygène et le fer, les fibres collagènes nouvellement créées vont constituer la fibre collagène définitive. Les néo capillaires assurent la nutrition du nouveau tissu. Dans ce dernier, va apparaitre une couche de sécrétions fibreuses qui avec la pénétration de bourgeons capillaires et des cellules du tissu conjonctif va permettre la formation d’une nouvelle couche de secrétions. Le phénomène de bourgeonnement se développe et comble progressivement la lésion.
La troisième phase voit la maturations des fibres collagènes et la rétraction de la lésion sous l’influence des myofibroblastes., Le tissu de granulation va s’ affermir et se transformer en tissu cicatriciel. L’épithélialisation résulte de la formation par mitose de cellules épidermiques des bords de la plaie et de leur migration sur la surface tapissée de fibrine.
Il y a des facteurs qui peuvent freiner voire empêcher le déroulement de la cicatrisation, voire peuvent provoquer la formation de cicatrices non satisfaisantes. Parmi ces facteurs, on trouve l’obésité de par la diminution de la vascularisation par le tissu adipeux, le tabagisme qui entraine une baisse de l’ oxygénation, la malnutrition du sujet qui apporte des perturbations dans le phénomène inflammatoire, l’utilisation de médicaments immunopresseurs, l’existence de stress important chez le sujet, , l’âge avancé au patient. Ils vont avoir une influence négative dans le déroulement des processus biologiques. Par exemple, la présence de corticoïdes amène un ralentissement de l’’épithélialisaton et également une inhibition de la contraction.
Les cicatrices pathologiques : La cicatrisation pathologique peut amener la formation de cicatrices, généralement inésthétiques . les cicatrices hypertrophique présentent des bourgeonnements excessifs mais peuvent s’ améliorer. . les cicatrices chéloidiennes sont également bourgeonnantes mais n’évoluent plus. Elles nécessitent une intervention d’ un plasticien. . les cicatrices dits hypotrophiques : dans ce cas, des dépressions sont visibles et on peut y rémédier.
. les cicatrices dischromiques : varient suivant la pigmentation, naturelle ou provoquée, brunes dans le cas d’ une hyperpigmentation ou hypopigmentées en général pour les sujets à peau noire. . L’origine de ces cicatrices est mal connue .Toutefois, certains facteurs ont une influence comme la race noire ou jaune, le jeune âge, certaines localisation comme les régions sternales ou deltoïdiennes. Le traitement est difficile, surtout presso thérapie ou corticothérapie. Quant à la chirurgie et la radiothérapie, ce sont des solutions de dernier recours car la reprise chirurgicale réactive les phénomènes inflammatoires.