Le Bouddhisme : la doctrine du Sentier de l’Eveil et de l’Illumination

Vue de l’Occident, la doctrine du Bouddhisme semble se résumer dans ses grandes lignes à des pratiques méditatives, exécutées dans certaines positions favorisant la concentration. Et pourtant, au-delà de ces clichés simplistes, la doctrine du Bouddhisme repose sur des bases profondément plus complexes dont le socle principal se résume en ce que Gautama Bouddha avait lui-même décrit comme étant les « Quatre Nobles Vérités ». Ces vérités servent en fait de « balises » pour tous les candidats au Salut, à l’Illumination , le stade ultime qui permettra à l’Homme de se débarrasser définitivement de toutes ses souffrances dans ce bas monde mais également dans l’autre, en évitant le cycle de renaissance : le Samsâra.

Le Dalaï Lama

Toutefois, après avoir longuement hésité avant de partager auprès de ses congénères son expérience du Nirvâna, le Bouddha avait bien précisé à ses premiers disciples que le sentier vers la Vérité nécessitait plusieurs étapes complexes, mais pas inaccessibles qu’il fallait franchir progressivement.

Exposées en détail par le Bouddha dans son « Dharma » (ses enseignements), les « Quatre Nobles Vérités » constituent donc la base du prêche de Gautama à ses disciples et peuvent se résumer pour l’essentiel au fait de prendre conscience que non seulement toute existence est douloureuse, mais aussi que la source de toutes les souffrances réside dans le désir et la soif de jouissance que chaque homme porte en lui. Aussi, pour remédier au Mal, il faudra supprimer le désir en suivant un certain nombre de préceptes philosophiques et de code de conduite que le maître avait lui-même observés avant d’atteindre le Nirvâna. A partir de ce socle de départ, la philosophie bouddhiste érigea donc tout un ensemble de pratiques basées notamment sur la méditation, l’éthique, la cosmologie et la philosophie, censé guider et rendre tangible la doctrine des Quatre Nobles Vérités, la seule voie rationnelle vers le Nirvâna.

Les bases de la doctrine bouddhiste

Philosophie érigée au départ pour libérer dans une certaine mesure le peuple indien du joug de la religion hindoue, le Bouddhisme, tel qu’il a été conçu par son fondateur conserva néanmoins deux postulats directement hérités de la culture hindoue : les notions de Karma et de Samsâra. En effet, la religion hindoue considère l’âme comme une entité intangible et immortelle qui s’incarne dans un corps au cours d’un cycle d’une vie et renaît dans un autre corps au cycle suivant et ainsi de suite jusqu’à ce que l’âme atteigne l’Illumination (le Nirvâna) qui la délivre du cycle des renaissances.

Dans cette conception particulière de l’existence, le Karma joue un rôle important car il préside à l’avenir des vies futures de chaque âme au cours de ses cycles de renaissance (Samsâra). L’idée c’est que chaque vie sera déterminée par les actes (bons ou mauvais) que tout individu aura accomplis dans sa vie précédente. Conservées dans la doctrine bouddhiste, ces notions ont néanmoins été remaniées d’une autre manière, du moins à leur base puisque les bouddhistes, contrairement à l’hindouisme, nient complètement l’existence d’une âme immortelle. Selon leur conception, l’homme n’est qu’une combinaison de forces ou d’énergies physiques et mentales.

La conception bouddhiste de l’existence et de la vie

Selon la doctrine bouddhiste, l’existence se résume essentiellement à trois notions fondamentales que tout individu doit connaître pour pouvoir aborder la Voie du Milieu, le sentier de Sagesse et de l’Illumination.

Le premier concept fondamental repose sur l’idée « d’impersonnalité » qui tend à faire comprendre à chaque être humain qu’aucun être vivant ne peut avoir d’existence indépendante et réelle qui soit d’une tangibilité parfaite. Toute vie n’est que la conséquence de causes multiples qu’aucun être humain ne peut maîtriser.

Le second concept existentiel fondamental que la doctrine bouddhiste met en avant pour appréhender la vie c’est la notion « d’impermanence », une notion qui tend à faire prendre conscience que rien dans monde et dans l’univers n’est permanent. Toute chose est amenée à muter, à changer.

L’insatisfaction humaine constitue enfin le troisième concept régissant l’existence. Elle est la base de toute souffrance.

En comprenant ces trois concepts fondamentaux, tout être humain aura déjà fait un grand pas sur le sentier du Nirvâna.

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Le Bouddhisme en France
Les statistiques de l’Union Bouddhiste de France sont là pour le prouver : avec près de 2,5 millions d’adeptes en Europe, dont près de 800.000 rien qu’en France, la religion du Bouddha a plus que le vent en poupe en Occident. Et pourtant, nul n’aurait pensé il y a encore une quarantaine d’années, lorsque les premiers échos de ce courant spirituel d’origine asiatique se firent entendre en France, grâce à la venue de moines réfugiés politiques, que la religion ou la philosophie (c’est selon) de la voie de la Sagesse aurait reçu un accueil aussi favorable de la part d’un peuple rompu à une tradition judéo-chrétienne aux antipodes des préceptes bouddhiques des décennies plus tard ! Il faut noter tout de même que les ¾ de la population bouddhiste en Hexagone sont d’origine asiatique et que les congrégations au sein desquelles ils sont regroupés sont pour la plupart répertoriées en tant que congrégations religieuses par les administrations françaises.
Gautama Bouddha
Fils d’un monarque de la région népalaise (le roi Suddhodana), Siddhârta Gautama aurait été conçu selon la légende, par sa mère, la reine Mahâmayâ ou Mayadevi (en sanskrit), au cours d’un songe extraordinaire où les quatre souverains divins des points cardinaux l’auraient enlevé, pour l’emmener au sommet de l’Himalaya et la purifier de toute souillure humaine, en plongeant son corps dans le lac sacré d’Anavatapta avant que le Boddhisattva (le futur Bouddha), ayant emprunté la forme d’un éléphant blanc à six défenses, n’ait ouvert son flanc droit pour pénétrer en son sein. Plusieurs signes miraculeux se seraient manifestés par la suite à partir de ce songe miraculeux et ce jusqu’à la naissance de Siddhârta. Parmi eux, les textes canoniques rapportent notamment l’extinction du feu des enfers, les guérisons miraculeuses dont bénéficièrent tous les êtres vivants malades, la transformation en eau douce des eaux saumâtres et bien d’autres encore...
Les origines du Bouddhisme
Transmis oralement avant d’être couché par écrit dans des recueils considérés comme constituant les textes canoniques (« Canon pali »), l’enseignement de Gautama Bouddha est empreint de bien de confusions étant donné les divergences flagrantes dominant les textes sacrés. Une telle confusion n’est d’autant pas plus étonnante que d’après certaines chroniques sri-lankaises datant des IVe et VIe siècles, les premiers textes canoniques ne furent écrits par des moines (ayant vécu sous le règne de Vattagâmani Abhaya, un monarque de renom) que vers le Ier siècle avant notre ère.
Les différentes écoles du Bouddhisme
Subdivisé en plusieurs courants de pensée, le Bouddhisme moderne regroupe un « Sangha » (une communauté des adeptes) des plus éclectiques. L’explication de ces divergences d’opinion sur l’enseignement (le Dharma) du Bouddha trouve son origine, historiquement parlant, dans le phénomène d’expansion fantastique qu’a connu le Bouddhisme environ 200 ans après la mort de Gautama.