Le Bouddhisme : une religion aux origines complexes et confuses

Transmis oralement avant d’être couché par écrit dans des recueils considérés comme constituant les textes canoniques (« Canon pali »), l’enseignement de Gautama Bouddha est empreint de bien de confusions étant donné les divergences flagrantes dominant les textes sacrés. Une telle confusion n’est d’autant pas plus étonnante que d’après certaines chroniques sri-lankaises datant des IVe et VIe siècles, les premiers textes canoniques ne furent écrits par des moines (ayant vécu sous le règne de Vattagâmani Abhaya, un monarque de renom) que vers le Ier siècle avant notre ère.

Icone du Bouddhisme

Les autres recueils relatant l’enseignement et la vie de Gautama qui s’ensuivirent ne furent quant à eux rédigés qu’au Ier siècle puis au Ve siècle après Jésus-Christ. D’où les difficultés auxquelles sont confrontés aujourd’hui encore les grands spécialistes de la question bouddhique et les historiens. Quoiqu’il en soit, mis à part ces problèmes d’historicité, tout le monde s’accorde pour reconnaître que le Bouddhisme tire ses origines des préceptes de la religion hindoue et du jaïnisme.

Ayant vécu dans un environnement religieux empreint d’hindouisme, Gautama Bouddha, lorsqu’il fonda sa philosophie au Népal, ne pouvait qu’y intégrer certains postulats tels que la notion de Samsâra, le précepte du cycle de renaissance auquel tous les hommes seraient assujettis, et la notion de Karma qui sous-tend celle Samsâra. Toutefois, le Bouddha, s’étant confronté à certaines facettes de l’hindouisme tel que le système inhumain des castes et l’idolâtrie démesurée, avait été conduit à s’interroger profondément sur le vrai sens de cette religion.

Les racines hindouistes du Bouddhisme

Lorsque la réalité de la souffrance humaine qu’on lui avait longtemps cachée se révéla à lui à l’âge de 29 ans, le prince Siddhârta Gautama en fut tellement bouleversé qu’il se réfugia pendant plus de six années dans la religion hindoue. Malheureusement pour lui, les années de pratiques ascétiques excessives préconisées par l’hindouisme n’arrivèrent pas à éradiquer en lui la souffrance, ni à lui procurer la paix de l’esprit à laquelle il aspirait. Déçu, il abandonna donc l’ascèse et une bonne partie des rites et pratiques hindous pour essayer une voie différente, moins extrémiste, et plus « humaniste » en ce qu’il préconisait la Sagesse et la Bonté envers son prochain pour atteindre la Paix suprême : le Nirvana ( l’Illumination).

Mais en fondant sa nouvelle philosophie, qui n’était pas une religion à l’origine mais une simple forme de spiritualité, le Bouddha resta tout de même influencé par deux idées fondamentales issues de l’hindouisme : le Karma et le Samsâra. Ces deux notions essentielles qui, dans l’hindouisme, étaient sous-tendues par une autre encore plus fondamentale : celle de la croyance en une âme immortelle qui habitait tout individu. Toutefois, bien que croyant au phénomène du cycle de renaissance auquel serait assujetti tout être humain, le Bouddha avait réfuté l’existence d’une âme immortelle qui habiterait tout individu, pour lui substituer plutôt la croyance en une « combinaison de forces ou d’énergies physiques et mentales » qui ferait mouvoir tout individu dans les différents cycles de renaissance.

Les racines jaïnistes du Bouddhisme

A part l’hindouisme, le Bouddhisme s’inspira également d’une autre religion lui étant contemporaine : le Jaïnisme. Apparu aux alentours du VIe siècle également, le jaïnisme fut fondé par un richissime prince indien du nom de Vardhamâna Mahâvîra. Basé sur une philosophie dictée par la non violence, ce culte bien singulier préconise une vie d’ascèse totale pour échapper au cycle infernal des renaissances. Dans la pratique, ces préceptes de non violence ont été poussés à l’extrême par son fondateur puisque ses adeptes, pour accéder au Salut et sortir du cycle de Samsâra, se doivent de respecter toutes formes de vie, même les plus insignifiantes. C’est ainsi par exemple que les fidèles se munissaient d’un balai souple pour écarter délicatement de leur passage les insectes qui rampaient sur leur chemin. De ce culte assez particulier, le Bouddha a repris les concepts de non violence et de recherche du Salut par des actes de compassion, sans toutefois en adopter les aspects extrémistes.

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Le Bouddhisme en France
Les statistiques de l’Union Bouddhiste de France sont là pour le prouver : avec près de 2,5 millions d’adeptes en Europe, dont près de 800.000 rien qu’en France, la religion du Bouddha a plus que le vent en poupe en Occident. Et pourtant, nul n’aurait pensé il y a encore une quarantaine d’années, lorsque les premiers échos de ce courant spirituel d’origine asiatique se firent entendre en France, grâce à la venue de moines réfugiés politiques, que la religion ou la philosophie (c’est selon) de la voie de la Sagesse aurait reçu un accueil aussi favorable de la part d’un peuple rompu à une tradition judéo-chrétienne aux antipodes des préceptes bouddhiques des décennies plus tard ! Il faut noter tout de même que les ¾ de la population bouddhiste en Hexagone sont d’origine asiatique et que les congrégations au sein desquelles ils sont regroupés sont pour la plupart répertoriées en tant que congrégations religieuses par les administrations françaises.
Gautama Bouddha
Fils d’un monarque de la région népalaise (le roi Suddhodana), Siddhârta Gautama aurait été conçu selon la légende, par sa mère, la reine Mahâmayâ ou Mayadevi (en sanskrit), au cours d’un songe extraordinaire où les quatre souverains divins des points cardinaux l’auraient enlevé, pour l’emmener au sommet de l’Himalaya et la purifier de toute souillure humaine, en plongeant son corps dans le lac sacré d’Anavatapta avant que le Boddhisattva (le futur Bouddha), ayant emprunté la forme d’un éléphant blanc à six défenses, n’ait ouvert son flanc droit pour pénétrer en son sein. Plusieurs signes miraculeux se seraient manifestés par la suite à partir de ce songe miraculeux et ce jusqu’à la naissance de Siddhârta. Parmi eux, les textes canoniques rapportent notamment l’extinction du feu des enfers, les guérisons miraculeuses dont bénéficièrent tous les êtres vivants malades, la transformation en eau douce des eaux saumâtres et bien d’autres encore...
Les différentes écoles du Bouddhisme
Subdivisé en plusieurs courants de pensée, le Bouddhisme moderne regroupe un « Sangha » (une communauté des adeptes) des plus éclectiques. L’explication de ces divergences d’opinion sur l’enseignement (le Dharma) du Bouddha trouve son origine, historiquement parlant, dans le phénomène d’expansion fantastique qu’a connu le Bouddhisme environ 200 ans après la mort de Gautama.
La doctrine du Bouddhisme
Vue de l’Occident, la doctrine du Bouddhisme semble se résumer dans ses grandes lignes à des pratiques méditatives, exécutées dans certaines positions favorisant la concentration. Et pourtant, au-delà de ces clichés simplistes, la doctrine du Bouddhisme repose sur des bases profondément plus complexes dont le socle principal se résume en ce que Gautama Bouddha avait lui-même décrit comme étant les « Quatre Nobles Vérités ». Ces vérités servent en fait de « balises » pour tous les candidats au Salut, à l’Illumination , le stade ultime qui permettra à l’Homme de se débarrasser définitivement de toutes ses souffrances dans ce bas monde mais également dans l’autre, en évitant le cycle de renaissance : le Samsâra.